Le Nigeria franchit une nouvelle étape dans son ambition de devenir une puissance technologique sur le continent africain. Le gouvernement s’apprête à lancer un fonds de 40 millions de dollars destiné aux startups technologiques en phase de démarrage. Ce dispositif vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial du pays, souvent trop dépendant des financements étrangers privés.
Selon Kashifu Inuwa Abdullahi, Directeur Général de la National Information Technology Development Agency (NITDA), la moitié de ce fonds proviendra de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), bras financier de l’aide publique au développement du gouvernement japonais. L’autre moitié sera assurée par la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA), l’organisme en charge de la gestion du fonds souverain nigérian, qui dispose de plus de 2 milliards de dollars d’actifs.
« Nous allons signer l'accord final le mois prochain. Tout a été convenu », a confirmé Abdullahi dans une interview accordée à Semafor, précisant que la NSIA assurera la gestion du fonds conformément à la Startups Act adoptée par le Nigeria en 2022.
Un levier de croissance pour les jeunes entreprises
Cette initiative marque un tournant dans la stratégie économique d’Abuja, qui cherche à bâtir un socle d’innovation local capable de rivaliser à l’échelle continentale, voire mondiale. Le fonds devrait principalement cibler les startups à fort potentiel dans des domaines clés comme la fintech, l’agritech, l’edtech ou encore la santé numérique.
L’objectif est double : stimuler la création d’emplois qualifiés et réduire la dépendance du pays aux ressources naturelles. En investissant directement dans les jeunes pousses locales, le gouvernement souhaite encourager la production de solutions « made in Nigeria », plus adaptées aux réalités du marché national. Ce nouveau fonds s’inscrit dans le prolongement de la Nigeria Startup Act, adoptée en 2022, qui encadre et structure l’écosystème technologique à travers un cadre réglementaire dédié. Ce texte, salué par les acteurs de l’innovation, vise à créer un environnement propice à l’éclosion de startups en offrant notamment des incitations fiscales, un meilleur accès au financement et une simplification des démarches administratives.
Vers un effet d'entraînement régional ?
Alors que le Nigeria est déjà l’un des pays africains qui attirent le plus de capitaux-risque, avec des startups comme Flutterwave, Paystack ou Andela ayant atteint des valorisations record, ce soutien public pourrait renforcer la crédibilité du marché nigérian aux yeux des investisseurs internationaux.
Ce fonds de 40 millions de dollars pourrait également servir de modèle pour d’autres pays africains qui souhaitent structurer leur propre politique d’appui aux jeunes entreprises innovantes. Avec ce nouvel outil de financement, le Nigeria démontre sa volonté de passer d’un modèle de croissance tiré par l’extraction à une économie fondée sur l’innovation. Si la mise en œuvre du fonds tient ses promesses, il pourrait bien jouer un rôle crucial dans la consolidation d’un écosystème tech déjà en pleine effervescence.
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