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Wave lance sa carte virtuelle en Côte d’Ivoire : quel impact sur la domination de Djamo?

2025-03-21  La Rédaction  5,654 views

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Wave, la licorne ouest-africaine bien connue pour avoir démocratisé les frais de transfert mobile quasi nuls, vient d’annoncer le lancement en Côte d’Ivoire de sa carte Visa prépayée virtuelle. Accessible gratuitement via son application, sans frais d’émission ni de dépôt, ni même de retrait, cette carte ambitionne de changer la donne sur le marché des paiements digitaux. Une avancée stratégique ? Certainement. Mais suffisante pour déstabiliser les poids lourds du secteur comme Djamo ? Peu probable.

Une carte virtuelle gratuite… mais plafonnée

La carte Wave propose une promesse simple : aucun frais pour sa création et son utilisation locale. Une accessibilité qui cible avant tout une population jeune, connectée et adepte du digital. Toutefois, la solution reste plafonnée à 500 000 FCFA avec une limite mensuelle de 2.000.000 FCFA, et applique des frais de change sur les paiements hors zone CFA, ce qui la rend peu compétitive pour des usages globaux ou des clients réguliers de services internationaux.

Contrairement à des acteurs comme Djamo, qui ont su élargir leur offre avec des cartes physiques, notamment, 2000.000 FCFA par transaction avec une limite mensuelle de 10.000.000 FCFA, des abonnements premium, des fonctionnalités d’épargne, de budgétisation et même des partenariats bancaires, la carte Wave reste à ce stade une solution de paiement d’appoint.

Un marché en forte croissance… mais déjà structuré

La carte prépayée représente un marché en pleine explosion en Afrique francophone. Selon une étude du cabinet McKinsey, le nombre d’utilisateurs de services de cartes dématérialisées en Afrique devrait doubler d’ici 2027, poussé par l’urbanisation, l’usage massif du smartphone et l’émergence d’une classe moyenne digitalisée. L’arrivée de Wave sur ce créneau reflète la maturité croissante du marché ivoirien des services financiers digitaux. Selon la BCEAO, le taux de bancarisation global dans l’UEMOA est encore en dessous de 25 %, mais la croissance des services digitaux et l’innovation fintech contribuent à élargir progressivement cet accès.

En Côte d’Ivoire, le marché est déjà bien dessiné. Djamo, pionnier et leader du segment avec plus de 1 million d’utilisateurs enregistrés, a levé plus de 14 millions de dollars en 2022, pour développer ses services. En plus de sa carte Visa utilisée dans plus de 180 pays, Djamo offre un accès à des services bancaires simplifiés, un RIB local, la possibilité d'investissement boursier, un accompagnement éducatif, et surtout une expérience utilisateur hautement personnalisée.

Lire aussi: Levée de fonds : Comment la fintech Djamo a-t-elle réussi à lever 14 Millions $ ?

L’entrée de Wave sur ce créneau vient clairement perturber l’équilibre établi. Grâce à sa large base utilisateurs mobile money, la fintech peut capter une partie du marché basique : utilisateurs occasionnels, jeunes clients cherchant une carte rapide pour des achats en ligne ponctuels, ou pour contourner les barrières bancaires traditionnelles. Mais cette percée ne devrait pas suffire à faire vaciller Djamo, qui joue dans une division plus complète, entre infrastructure bancaire, produits financiers évolutifs et expérience utilisateur premium. 

L’arrivée de Wave dans le segment des cartes prépayées virtuelles est une bonne nouvelle pour l’inclusion financière en Afrique. Elle offre une nouvelle porte d’entrée vers la digitalisation des services bancaires pour les populations non ou sous-bancarisées. Elle pourrait ainsi jouer un rôle important dans la pénétration du digital au sein des couches les moins connectées au système bancaire traditionnel.

En somme, la carte Visa virtuelle de Wave complète l’offre existante et renforce la dynamique de transformation du secteur. Si son impact dépendra de l’adoption des utilisateurs et des évolutions réglementaires, son lancement témoigne de la compétition accrue dans le secteur fintech ivoirien, au bénéfice des consommateurs.


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