Alors que la fintech ivoirienne CinetPay célébrait récemment l’obtention de son agrément d’Établissement de Paiement délivré par la BCEAO, gage de conformité et de solidité dans l’écosystème financier ouest-africain, un tout autre récit occupe désormais la une au Sénégal. Selon le quotidien Libération, la startup serait citée dans une affaire judiciaire mêlant « association de malfaiteurs, exercice illégal d’une activité bancaire et blanchiment de capitaux ». Ces soupçons viennent jeter une ombre sur le parcours d’une entreprise jusqu’ici considérée comme un acteur de confiance dans la digitalisation des paiements en Afrique de l’Ouest.
Le quotidien sénégalais Libération titre sans détour : « La fintech CinetPay en eaux troubles ». Selon le journal, la fintech basé au Sénégal serait soupçonnée d’être liée à une association de malfaiteurs, accusée de pratiquer une activité bancaire illégale et de blanchiment de capitaux. À en croire l’article, la chargée du développement commercial de CinetPay Sénégal aurait été arrêtée et déférée devant le parquet suite à une enquête menée par la Division des Spécialistes en Criminalité financière (DSC).

Selon les informations relayées, CinetPay servirait de plateforme à Nectar Microcrédit Technologie, une structure au cœur d’une organisation qualifiée de ‘’vaste entreprise mafieuse'', laquelle proposerait des prêts en ligne assortis de pratiques de chantage contre les clients. Des liens controversés avec une autre entité, Sunutech Ltd, seraient également évoqués, impliquant CinetPay dans une affaire d’escroquerie supposée, estimée à plus de 10 milliards de francs CFA.
Toujours selon le journal, un autre pan de l’enquête viserait l’implication présumée de plateformes de paris sportifs en ligne. Des transactions associées à CinetPay et Sunnetdick Ltd Sarl auraient servi de relais à ces activités, ce qui aurait poussé les enquêteurs à élargir le spectre des accusations à l’« exercice illégal d’activités bancaires » et aux flux financiers douteux liés aux jeux d’argent.
Ces révélations, qui restent à confirmer par la justice, contrastent fortement avec l’image récente de CinetPay, célébrée comme une fintech de confiance et pionnière en Afrique de l’Ouest.
La chargée du développement commercial et de la prospection de CinetPay Sénégal aurait été arrêtée puis déférée au parquet de la Division des investigations criminelles (DIC). Elle serait citée dans une affaire de grande ampleur impliquant une société soupçonnée d’avoir bâti un système d’emprunts jugés frauduleux.
Ces accusations, qui évoquent des faits d’« association de malfaiteurs, exercice illégal d’une activité bancaire et blanchiment de capitaux », jettent une ombre sur l’image d’une fintech qui venait pourtant d’être saluée comme un acteur de confiance dans la régulation financière ouest-africaine.
Pourtant, dans un contexte réglementaire exigeant, CinetPay venait nonobstant de décrocher récemment et officiellement son agrément d’établissement de paiement délivré par la BCEAO.
Cette autorisation était accordée dans le cadre de la mise en œuvre de l’Instruction n° 001-01-2024, qui imposait à toutes les fintechs opérant dans l’espace UEMOA de se mettre en conformité avant le 1er mai 2025. Ce statut réglementaire est perçu comme un gage de crédibilité pour les utilisateurs et partenaires.
Ces allégations intervenant au moment où la startup semblait affirmer sa légalité et sa conformité, posent une certaine contradiction. On pourrait s’interroger : dans quelle mesure ces accusations pourraient-elles influer sur la confiance des utilisateurs et la stabilité de la fintech ? Et comment CinetPay s’apprête-t-elle à répondre à ces accusations, si tant est qu’elles soient avérées ?
Alors que l’écosystème fintech sénégalais se structure et cherche à se professionnaliser, ces révélations pourraient rappeler à quel point transparence, gouvernance et rigueur opératoire restent essentielles dans un secteur en pleine mutation.

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