Dans le keynote qu’il a animé sur le thème : "Les clés de la transformation digitale’’, Mohamed Sylla, Senior Manager Chez Deloitte a expliqué aux participants, en majorité des jeunes filles, ce que, c’est que transformation digitale avant de montrer toutes les évolutions autour de cette technologie. C’était à l’occasion de la 3èmé édition d’Abidjan Women in Tech Conference (AWTC), qui s’est tenu, du 19 au 20 septembre 2025, à l’immeuble CRRAE-UMOA, à Abidjan-Plateau.
‘’Il y a aujourd’hui un mouvement qui s’accélère autour de la transformation digitale et ce mouvement va continuer d’évoluer et illustrer le fait que le digital a vraiment un important impact sur nos habitudes, nos repères et nos modèles économiques, il est donc important de comprendre ce que c’est que la transformation digitale", a-t-il indiqué
Aussi, s’est-il félicité du fait que le numérique soit entré dans les habitudes des Ivoiriens et dans la plupart des outils utilisés actuellement "le numérique a un important impact sur nos repères, nos usages et dans les différents modèles économiques que nous avons"
Différence entre transformation digitale et digitalisation
Selon lui, il est important de connaître ce que c’est que la transformation digitale. Elle prend en compte l’automatisation des tâches, la dématérialisation, le passage du livre physique au livre numérique, l’avènement de nouveaux modèles de cloud, l’Intelligence artificielle (IA), la Blockchain, le passage de la télévision analogique à la télé numérique avec cette carte de streaming, du passage du vinyle au plateformes digitales, le passage du cash à la transaction numérique. Avant de préciser qu’il y a une nuance entre la transformation digitale et la digitalisation.
‘’La digitalisation, c’est l’automatisation des processus grâce à la technologie (processus d’achat, de vente, comptabilité d’une structure). La transformation digitale, quant à elle, est la manière de réinventer les différents modèles d’organisation en tirant partie de la technologie. Autrement dit, la digitalisation est incluse dans la transformation digitale", a-t-il soutenu.
Les étapes de la maturité digitale d’une entreprise
A en croire Mohamed Sylla, pour construire sa transformation digitale, il y a plusieurs étapes qui permettent d’évaluer la maturité digitale d’une organisation.
Dans une échelle de maturité, il est important de savoir, Primo, à quel niveau se situe une structure et comment aborder la question de sa transformation digitale. La prochaine étape est de déterminer la cible. Quelle est la vision ou est-ce qu’on entend se positionner l'entreprise dans la pyramide de maturation au sein d’une organisation et quelles sont les actions à mettre en place pour utiliser la technologie innovation pour transformer une organisation et offrir une meilleure expérience-client. L’autre étape qui suit, c’est la planification qui permet de revenir sur un certain nombre de chantiers qu’il va falloir budgétiser et prioriser. Enfin, il y a la phase de pilotage et de mise en œuvre, laquelle pourra s’appuyer sur un certain nombre d’outils généralement utilisés en gestion de projets (de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage).
La transformation digitale n’est pas seulement une question de technologie
Pour le conférencier la transformation digitale appelle à modifier les habitudes, proposer de nouveaux services, cela suppose inscrire tout cela dans une approche ou démarche de changement « qui consiste à amener tout le monde à accepter le changement au sein de l’organisation vis-à-vis des fournisseurs et partenaires », a-t-il dit.
C’est pourquoi, dira-t-il, la transformation digitale, ce n’est pas seulement une question de technologie (data ou application, IA , sécurité du réseaux), c’est également de la stratégie au niveau de l’entreprise.
Comment est-ce qu’on pense l’image de marque de l’entreprise au regard de la nouvelle orientation qu’on entend donner autour de la technologie. C’est aussi l’écosystème qu’on va mettre en place, les marchés ; les portefeuilles en lien avec l’innovation. C’est également tout ce qui tourne autour de la gestion du client dans le cadre de l’amélioration de son expérience client, de la perception du client, au regard des produits que nous voulons mettre en place, c’est l’opérationnalisation, l’agilité. La manière de gérer l’automatisation de la question de la gouvernance et de l’optimisation des processus au sein des structures et finalement la transformation digitale c’est de l’organisation de l’entreprise mais surtout de la culture du digital.
« Nous sommes dans des organisations où il y a des classes d’âge qui ont un rapport différent avec la technologie. Il est important de tenir compte de la dimension culture parce qu’on peut avoir les meilleurs outils, meilleures approches mais si on ne tient pas compte de la culture de l’organisation et qu’on ne met pas en place un plan d’actions pour orienter sur l’appropriation de la mission digitale, ça sera d’atteindre les objectifs qu’on s’est fixés donc culture et leadership sont importants pour mettre en place cette transformation digitale », souligne-t-il.
Autre élément à prendre en compte, c’est la vision. « Il convient d’avoir une vision qui va s’appuyer sur la stratégie, où est-ce que nous allons ou voulons aller dans 5 ans ou 10 ans ? Il faut donc un lien étroit entre la transformation digitale et la stratégie, Comment la transformation digitale va nous permettre de répondre aux objectifs de la stratégie, au regard de l’utilisation qu’on veut faire de cette technologie pour nous offrir de nouveaux marchés, où nous permettre de gérer une nouvelle expérience client Et puis il y a le leadership inclusif, la question du digital touche tous les métiers de l’entreprise, pas seulement les DSI, chacun doit jouer un rôle parce que la digitalisation vient soutenir l’ensemble des processus métiers que nous mettons ensemble pour pouvoir répondre à l’objectif de l’entreprise.
A cela s’ajoute la culture de l’expérimentation, de l’apprentissage continue et de l’acceptation de l’échec « parce que lorsqu’on rentre dans un plan de transformation digitale, de modification des habitudes et du modèle organisationnel, il est important de se dire qu’il y a des risques d’échecs et commencer à l’intégrer et s’adapter »
En outre, il faut une agilité de l’organisation pour pouvoir s’adapter aux évolutions de l’organisation.
Enfin, il y a les compétences et la formation, comment accompagner le personnel ou les talents à embrasser la question du digital à pouvoir s’approprier les nouvelles technologies qui vont être déployés au sein de la structure, sur la question de la Data et de l’expérience client comment aujourd’hui exploiter ces nouvelles technologies pour pouvoir bien segmenter son marché, comment piloter la donnée pour pouvoir piloter l’expérience au sein de l’organisation et puis il y la question de la sécurité.
Le risque cyber
“Quand on se lance dans une activité de transformation digitale de l’organisation, on augmente le risque de forte dépendance qu’on a vis-à-vis de la technologie, ce qui nécessite nécessairement de mettre en place une approche pour gérer cette technologie”, a-t-il conseillé
En définitive, pour réussir sa transformation digitale, il faut faire converger l’humain ; la donnée, la technologie et la gouvernance, "l’humain étant au cœur de la transformation digitale et la gouvernance pour englober l’ensemble de ces sujets'', dira-t-il.
Mohamed Sylla est senior Manager Technology & Transformation digitale chez Deloitte Abidjan. Il a 11 ans d’expériences dans le Conseil en système d’informations. Il conduit plusieurs missions d’élaboration et de pilotage de la mise en œuvre stratégie IT, de gouvernance et de transformation digitale d’audit SI et de gestion des risques dans 9 pays d’Afrique. Formateur accrédité PECB, enseignant associé au CESAG et membre du Young Advisory Board de Deloitte Afrique francophone, également engagé dans le développement des talents et l'innovation.
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