
Sous l’impulsion de son nouveau président Alex Degny et avec le soutien affirmé des autorités, le patronat des startups ivoiriennes (CI20) amorce une nouvelle ère. Entre mobilisation collective, structuration renforcée et rayonnement international, le CI20 entend faire de la Côte d’Ivoire un acteur central de l’écosystème tech africain.
Élu président du CI20 en 2024, Alex Degny, cofondateur de la startup Tajiri, ne cache pas son ambition : remettre les startups ivoiriennes au cœur de la transformation économique et numérique du pays. Le 20 juin dernier, lors du “CI20 Onboarding Day” à Abidjan, dans les locaux de ZEBOX, il martelait : « Le moment est venu pour nous de faire émerger nos propres champions nationaux ». Pour le président du CI20, consommer local ne doit plus être un slogan, mais un réflexe économique et stratégique.

Soutenu par le ministère de tutelle et fort d’une équipe mobilisée, le CI20 veut rompre avec le fatalisme. Trop longtemps, les startups ivoiriennes ont pâti d’un manque de structuration, de collaboration et de financement local, ouvrant la porte à une concurrence étrangère souvent mieux accompagnée.
CI20 Connect : le guichet 360 des startups ivoiriennes
Face aux constats alarmants, notamment 75 % d’échec des startups en moins de trois ans, absence de soutien structuré, domination de solutions étrangères, le CI20 propose des solutions concrètes. Au cœur de cette stratégie : CI20 Connect, une plateforme numérique pensée comme un guichet unique pour les startups. Objectif : structurer, cartographier, accompagner et surtout favoriser la collaboration interne.
« Nous avons des talents, des solutions, des porteurs de projets… il nous manque la coordination et la consommation locale de nos propres innovations », souligne Alex Degny. La plateforme recense déjà près de 80 startups en attente d’intégration et ambitionne d’en rassembler 300 d’ici la fin 2025.
Mise en relation B2B, accompagnement juridique et fiscal, parcours d’incubation modulable : CI20 Connect se veut un levier de structuration à grande échelle, pensé par et pour les startups ivoiriennes.
Le soutien politique s’affirme
Cette nouvelle dynamique ne se limite pas au secteur privé. Le ministère en charge de la transition numérique et de la digitalisation, multiplie les signes d’appui au CI20, conscient que le développement économique passe aussi par l’émergence de champions locaux. La création de l’annuaire des startups ivoiriennes, soutenue par les autorités, illustre cette volonté de mieux cartographier et valoriser l’écosystème.

Le vice-président du CI20, Ange Balma, a insisté lors de cet événement : « Cet annuaire est un outil stratégique, non seulement pour les investisseurs et bailleurs de fonds, mais aussi pour les institutions publiques. »
Cette structuration lancée par Alex Degny, commence déjà à porter ses fruits. En juin 2025, plusieurs startups ivoiriennes membres du CI20 ont fièrement représenté le pays au salon VivaTech à Paris, rendez-vous incontournable de l’innovation mondiale.
Qu’il s’agisse de fintech, d’e-learning ou de tech for good, les pépites ivoiriennes ont démontré que la Côte d’Ivoire n’a rien à envier aux écosystèmes plus matures. Cette participation renforce la visibilité internationale du pays et crédibilise le travail de fond mené par le CI20.

« Grâce à cette dynamique, la Côte d’Ivoire est en train de se positionner comme un acteur majeur de la tech africaine », se félicite Lamine Barro, vice-président du CI20, chargé des affaires gouvernementales et CEO d’Etudesk.
Vers un écosystème souverain et inclusif
Le message est clair : pour éviter la marginalisation de ses startups, la Côte d’Ivoire doit accélérer la structuration, favoriser la consommation locale de ses propres innovations et attirer les investisseurs nationaux. Le CI20, avec ses nouvelles orientations, son président mobilisé et le soutien des autorités, entend être le catalyseur de cette transformation.
Le chemin est encore long, mais les bases sont posées. Reste à transformer l’essai pour que, demain, les champions ivoiriens s’imposent sur leur marché… et bien au-delà.
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