« Il est vrai que l’intelligence artificielle est aujourd’hui au cœur de l’actualité, on en parle partout. Mais le principal carburant de l’IA reste la donnée », a déclaré Jeanne Deghilage, cheffe de projet chez Digital Africa, lors de la cérémonie d’ouverture de l’édition 2026 de Digital Africa, tenue le jeudi 5 février 2026 à Abidjan, précisément au Plateau, quartier des affaires de la capitale économique ivoirienne. L’événement était coorganisé par Digital Africa et Data 354.
Selon elle, bien que la technologie soit disponible, les données font souvent défaut : elles sont soit inexistantes, soit mal structurées, peu consolidées ou difficilement exploitables, ce qui freine le développement de solutions innovantes. « C’est pour cette raison que toutes les initiatives de Digital Africa visent à soutenir les infrastructures, les programmes, les activités et les solutions qui encouragent le partage des données et la création de valeur », a-t-elle expliqué.
Elle a également précisé que cette rencontre se voulait une véritable plateforme d’intelligence collective et collaborative, favorisant la co-création. L’événement a ainsi permis de présenter des résultats d’études et des recommandations issues de workshops organisés en amont.

Pour rappel, Digital Africa est une filiale du groupe Proparco, au sein de l’Agence française de développement (AFD). Sa mission est de soutenir les startups des pays les moins avancés sur le plan numérique afin de stimuler la création de valeur. Jeanne Deghilage a souligné qu’en Afrique, près de 80 % des investissements dans les startups sont concentrés dans ce que l’on appelle les « Big Four » notamment l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Égypte et le Nigéria, alors que de nombreux autres pays, pourtant dotés d’écosystèmes dynamiques, restent en retrait faute de financements.

Digital Africa est une initiative portée par l’Union européenne, dotée d’un financement de 60 millions d’euros, destinée à soutenir l’Union africaine et ses États membres dans l’évaluation et la mise en œuvre de politiques de gouvernance des données centrées sur l’humain et orientées vers le développement. Lancée en 2023, cette initiative s’articule autour de trois objectifs majeurs : le renforcement du cadre juridique, la création de valeur, et la gestion des flux de données, tels que les flux transfrontaliers ainsi que le soutien aux investisseurs dans les infrastructures de sécurité durable, en vue de la construction d’un marché numérique africain.
Elle englobe également d’autres initiatives, telles que celle portée par Expertise France sur les données géospatiales, particulièrement stratégiques pour l’agritech, ou encore le programme Data Space soutenu par la GIZ.
Digital Africa compte par ailleurs plusieurs programmes à son actif, notamment « I4 Startups » et « Talents for Africa », dédiés à la formation de talents capables de répondre aux besoins de développement des startups. Pour cette édition, l’accent a été mis sur des secteurs clés tels que l’agritech, la climatech, l’énergie et l’alimentation, des domaines où la donnée joue un rôle déterminant.
Cette rencontre a enfin été l’occasion pour Digital Africa de dresser un bilan de ses activités, avec un focus particulier sur les hackathons organisés afin de promouvoir les startups africaines et de réfléchir collectivement au développement de l’écosystème de la donnée sur le continent.

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