Startup Medias

collapse
...

Dr Jean-Brice Ahoussi pilote le test clinique de Blademy pour valider une solution de suivi médical en conditions réelles

2026-03-24  La Rédaction 555 views

Blâdemy s’associe avec le Médecin Lt-Colonel AHOUSSI KOUA Jean-Brice, endocrinologue à l’Hôpital Militaire d’Abidjan, pour porter la légitimité médicale d’un test pilote associant télésurveillance offline-first et partenariat institutionnel avec le PNLMM/PMNT. Après son acceptation au programme EquityPilot de FasterCapital et une levée de fonds de 400 000 USD, la startup s’apprête à déployer son test auprès de 200 patients diabétiques, en zones urbaine et rurale.  

Dans le couloir du service d’endocrinologie de l’Hôpital Militaire d’Abidjan, le Médecin Lt-Colonel AHOUSSI KOUA Jean-Brice alterne entre consultations de patients chroniques et supervision d’un projet qui pourrait changer leur quotidien. À 43 ans, cet endocrinologue-nutritionniste cumule les casquettes : clinicien, chercheur, et désormais cofondateur de Blâdemy, une healthtech ivoirienne qui s’apprête à lancer un test pilote d’envergure avec le Programme National de Lutte contre les Maladies Métaboliques et de Prévention des Maladies Non Transmissibles (PNLMM/PMNT).  

« En tant que médecin, je sais que le suivi continu est la clé pour éviter les complications graves. Blâdemy nous donne enfin les moyens d’assurer ce suivi, même là où les infrastructures manquent. Mon rôle est de faire en sorte que la technologie reste au service de l’humain, et jamais l’inverse », résume celui qui est aussi le directeur médical de la startup.  

Un parcours d’excellence entre Abidjan, Agen et Périgueux  

Né d’une vocation précoce, le Dr AHOUSSI obtient son Doctorat d’État en Médecine   en 2011 à l’UFR des Sciences Médicales d’Abidjan. Il se spécialise rapidement en endocrinologie et métabolisme, décrochant son Diplôme d’Études Spécialisées (DES)   à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Soucieux d’élargir sa vision de la santé publique, il valide également un Master 1 en Santé Publique   (mention bien) en 2014.  

Son parcours le mène ensuite en France. Pendant deux ans, de 2019 à 2021, il est Faisant Fonction d’Interne (FFI)   dans les services d’endocrinologie des hôpitaux d’Agen et de Périgueux. Une immersion qui lui permet d’observer les pratiques les plus avancées en diabétologie et nutrition, mais aussi de mesurer les écarts de moyens avec son pays d’origine. « J’ai vu ce qu’il était possible de faire avec un suivi structuré. Je me suis dit qu’il fallait adapter ces principes à nos réalités africaines », confie-t-il.  

Arthur Yoffoua Blademy
 

Membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société Française d’Endocrinologie, la Société Africaine d’Endocrinologie Métabolisme Nutrition, et la Société Numérique de Côte d’Ivoire, il mène également une activité de recherche reconnue. Son travail sur le syndrome de Marfan lui a valu le 1er prix du meilleur poster   au 1er Symposium des Maladies Chroniques Non Transmissibles à Abidjan ; ses mémoires sur le diabète gestationnel et la maladie de Basedow ont été salués pour leur rigueur.  

La rencontre avec Blâdemy : quand la technologie rencontre la clinique  

L’aventure Blâdemy commence lorsque Arthur Yoffoua, CEO de Blâdemy (l’Agence Digitale N’Zassa), s’associe avec le Médecin Lt-Colonel AHOUSSI KOUA Jean-Brice   pour donner une assise médicale au projet de télésurveillance. Le constat du médecin est sans appel : en Côte d’Ivoire, plus de 500 000 adultes vivent avec le diabète, et l’hypertension artérielle touche 25 à 30 %   de la population adulte, selon les données de la Fédération Internationale du Diabète (IDF) 2025. Mais dans les zones rurales, les ruptures de suivi peuvent durer des mois, faute de connexion internet et de structures de santé accessibles.  

« Laisser les patients sans solution de suivi, c’est accepter qu’ils soient plus exposés aux complications graves : AVC, amputations, insuffisance rénale. Il nous fallait un outil capable de fonctionner dans les villages les plus reculés », explique le Dr AHOUSSI.  

La solution qu’il contribue à construire repose sur une architecture offline-first. Les patients utilisent un lecteur 2-en-1 glycémie/acide urique   et un tensiomètre Bluetooth   associés à une application mobile qui enregistre les mesures même sans réseau. Dès qu’une connexion est détectée, lors d’un passage en ville ou via une borne temporaire, les données se synchronisent automatiquement vers des serveurs souverains hébergés en Côte d’Ivoire, avec chiffrement AES-256. Les médecins disposent d’un tableau de bord intégrant une IA prédictive   et des alertes en temps réel.  

À cette infrastructure technique, le Dr AHOUSSI ajoute sa touche personnelle : une base nutritionnelle locale   de plus de 500 produits ouest-africains et recettes traditionnelles. « On ne peut pas soigner un patient diabétique en Afrique de l’Ouest sans prendre en compte le tchèp, l’attiéké ou les sauces d’arachide. La diététique doit être culturelle pour être efficace », souligne-t-il.  

Un test pilote sous double regard : urbain et rural  

Grâce au partenariat avec le PNLMM/PMNT, dirigé par le Dr ADOUENI K. VALÉRY, Blâdemy va pouvoir valider scientifiquement son approche. Pendant six mois, 200 patients diabétiques   seront répartis entre un groupe utilisant la solution connectée et un groupe bénéficiant du suivi classique.  

L’originalité du protocole tient à son double terrain d’expérimentation. En zone urbaine, il s’agira d’évaluer l’intégration de Blâdemy avec le système de santé existant : fluidité du parcours de soin, articulation avec les hôpitaux et les médecins traitants. En zone rurale, où le réseau est absent ou intermittent, c’est la robustesse du mode offline-first qui sera mise à l’épreuve.  

Les indicateurs analysés couvriront un spectre large : glycémie, pression artérielle, acide urique, régularité du suivi médical, observance thérapeutique, satisfaction des patients et des professionnels de santé, impact sur les hospitalisations et les complications.  

« Notre mission est de moderniser la prise en charge des maladies chroniques sur l’ensemble du territoire. Avec Blâdemy, nous disposons d’une solution pensée depuis l’Afrique pour l’Afrique, qui prend en compte nos réalités infrastructurelles. Ce test pilote est une étape décisive vers un déploiement national inclusif et efficace », déclare le Dr ADOUENI.  

Une crédibilité médicale au service de la souveraineté sanitaire  

Pour le Dr AHOUSSI, cet essai dépasse la simple validation technique. Il s’agit de produire une preuve scientifique   capable de convaincre les institutions et les investisseurs de soutenir un déploiement à grande échelle. C’est aussi l’occasion d’incarner une vision de la souveraineté sanitaire africaine.  

« Nous ne nous contentons pas d’importer des solutions venues d’ailleurs. Nous construisons une technologie pensée depuis l’Afrique pour l’Afrique, qui respecte nos réalités, notre alimentation, nos infrastructures. C’est cela, la souveraineté : maîtriser les outils qui soignent nos populations », renchérit Arthur YOFFOUA, CEO et cofondateur de Blâdemy.  

La startup bénéficie déjà d’une reconnaissance qui dépasse les frontières. Acceptée au programme EquityPilot de FasterCapital, elle recherche à lever 400 000 USD   pour financer cette phase de validation et préparer son expansion régionale. Elle est par ailleurs sélectionnée pour la seconde phase finale du Prix ODESS 2026   de la Fondation Pierre Fabre, a été retenue par Israel Tech Week - Abidjan 2025   et figure parmi les membres du CI20, le cercle des acteurs influents de l’innovation en Côte d’Ivoire.  

Mais pour le Médecin Lt-Colonel AHOUSSI, la véritable mesure du succès sera ailleurs : « Quand un patient en zone rurale pourra nous envoyer ses constantes sans se déplacer, quand nous pourrons anticiper une décompensation avant qu’elle ne devienne une urgence, alors nous aurons gagné. La technologie n’est qu’un moyen. La fin, c’est la santé des populations. »  

Le lancement du test pilote, imminent, ouvrira une phase décisive dont les premiers résultats sont attendus dans les mois à venir, alors que la recherche de financement se poursuit. Une chose est sûre : en associant rigueur médicale, innovation technologique et ancrage local, Blâdemy est en train d’écrire une page nouvelle de la santé connectée en Afrique.  


Share:

Leave a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *