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Digital Africa Abidjan 2026: Philippe Moh (DG de Data 354) : « La donnée est un instrument de pouvoir »

2026-02-06  La Rédaction 689 views

Digital Africa, filiale du groupe Proparco ( au sein de l'Agence Française de Développement )spécialisée dans l’accompagnement des startups africaines, a organisé, en collaboration avec Data 354, son partenaire de mise en œuvre, un événement technologique majeur, ce jeudi 5 février 2026,  à Abidjan. La rencontre s’est tenue au 26ᵉ étage de l’immeuble Postel 2001, au Plateau.

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Placée sous le thème « Données sans frontières : construire un cadre de confiance pour les données et les startups en Afrique », cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels, des entreprises privées, des startups et des experts du numérique autour de panels de discussion, sessions de pitchs et rencontres B2B.

Plusieurs thématiques clés ont été abordées au cours de cet événement, notamment, l’initiative africaine sur la gouvernance des données et les programmes startups liés à l’intelligence artificielle (IA): le partage et l’usage des données, ainsi que les enjeux et freins rencontrés par les startups ; l’avenir du partage des données en Afrique ; l'’accès et l’utilisation des données géospatiales dans les secteurs de l’agritech et de la climatech.

Dans son discours d’ouverture, Philippe Moh, Directeur Général de Data 354, a rappelé un constat frappant : « L’Afrique représente près de 25 % de la population mondiale, mais ne génère qu’environ 1 % des données mondiales. » 
Selon lui, ce déséquilibre souligne l’importance du rôle que peuvent jouer les startups, d’autant plus que les défis liés à l’accès aux données concernent également les PME, les institutions étatiques et paraétatiques.

Pour Philippe Moh, la donnée est par essence une activité transversale. « La donnée est un instrument de pouvoir, de souveraineté et de développement », a-t-il affirmé. Il a souligné que l’intelligence artificielle façonne aujourd’hui la prise de décision, accélère l’innovation et renforce la compétitivité des économies. La qualité des services rendus aux populations en dépend directement, qu’il s’agisse de la prise en charge médicale, de la détection de pathogènes, des prédictions environnementales et climatiques, du suivi des populations et des cultures agricoles ou encore de la prévision des récoltes.

Selon l’expert, l’absence relative de l’Afrique dans l’économie mondiale des données ne s’explique ni par un manque de compétences ni par une pénurie de données. Elle résulte plutôt du fait que les données africaines sont encore insuffisamment structurées, numérisées, fiables et partagées. Face à ce constat, il a appelé à des choix stratégiques forts, notamment : investir massivement dans la numérisation des données publiques ; bâtir une gouvernance africaine des données intégrant des mécanismes clairs et des standards d’usage ; valoriser les langues nationales et les savoirs locaux ; structurer les chaînes de valeur de l’IA en y intégrant pleinement les startups ; sécuriser, organiser et partager les données afin de les mettre au service du développement du continent.
« Il nous revient de concevoir, d’entraîner et c'est  d’orienter nos propres modèles », a-t-il conclu, plaidant pour une intelligence artificielle pensée par et pour l’Afrique.


Eugène Yao pour StartUp Médias


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