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DIGITAL AFRICA 2026: Des experts réfléchissent aux enjeux du partage des données

2026-02-11  La Rédaction 472 views

Cinq experts issus de l’administration publique et du secteur privé ont échangé sur les enjeux du partage des données, lors d’un panel organisé par Digital Africa, en collaboration avec Data 354. Placée sous le thème « L’avenir du partage des données », la rencontre s’est tenue le 5 février 2026, au 26ᵉ étage du Postel 2001, à Abidjan-Plateau.

Intervenant à cette occasion, Stéphane Kounandi Coulibaly, directeur de l’innovation des startups, du secteur privé et de l’innovation technologique au ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, a rappelé que l’innovation et l’intelligence artificielle reposent sur l’accessibilité à des données de qualité et sécurisées.

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« Les calculs algorithmiques nécessitent une quantité suffisante de données. Le partage suppose de collecter ces données, de les rendre accessibles dans une base commune afin que les différents utilisateurs puissent en bénéficier. Cela implique la disponibilité, la connectivité, l’interopérabilité, la sécurité et l’accessibilité des données », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’élaboration de la stratégie nationale de gouvernance des données s’inscrit dans cette dynamique, tout comme la mise en place d’un data space baptisé « La Case Agri », considéré comme un levier stratégique. Il a également plaidé pour la création d’un marché de la donnée à l’échelle continentale.

Pour Leslie Osseté, cofondatrice de M Studio, les difficultés liées au partage des données se situent à tous les niveaux. Elle estime cependant essentiel d’éduquer les startups sur la valeur économique de la donnée.
« Aucune entreprise n’acceptera d’ouvrir l’accès à ses données sans un use case commercial ou un modèle de génération de revenus clair. Il faut donc accompagner les startups et les incubateurs dans la construction de modèles économiques solides et renforcer leur maturité technique afin qu’ils puissent convaincre les grands groupes », a-t-elle souligné, regrettant le déficit de compétences techniques chez de nombreuses jeunes entreprises.
De son côté, Paul Nguyen, spécialiste du numérique à la Banque mondiale, a insisté sur la valeur créée par le partage des données.
« Si chacun conserve ses données à son niveau, la fragmentation devient un manque à gagner et une opportunité économique perdue. Le partage permet de créer un pont, de rendre la donnée accessible, de fluidifier son usage productif et d’éviter de devoir la recréer systématiquement », a-t-il affirmé.

Stéphane Déa, gestionnaire de connaissances et de données de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a pour sa part pointé un déficit de confiance entre les acteurs.
« Du côté de l’État, il existe une crainte de perdre le contrôle ou de voir les données mal interprétées. Du côté des startups, les inquiétudes portent sur la continuité de l’accès aux données, sur la gouvernance des droits d’accès et sur les usages qui peuvent en être faits », a-t-il expliqué.

Modérateur du panel, Dr Ibrahim Coulibaly, de Sah Analytic International, a rappelé qu’une économie fondée sur la donnée suppose avant tout que celle-ci existe, qu’elle soit créée, sécurisée et mise à disposition des acteurs en temps réel.
Il a indiqué qu’en 2025, l’économie mondiale de la donnée était estimée à 175 pétaoctets, précisant qu’un pétaoctet équivaut à un milliard de téraoctets.
« La donnée est une véritable arme économique. Elle implique un écosystème mondial dans lequel les données sont collectées pour créer de la valeur et orienter les prises de décision », a-t-il soutenu.

EY


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