Six mois après la cyberattaque qui a affecté ses opérations en Afrique de l’Ouest, CinetPay sort de son silence. Dans un droit de réponse transmis à notre rédaction, son Directeur Général, Daniel Dindji, revient sur les faits, les mesures prises et les perspectives de l’entreprise.
L’incident, survenu en septembre 2025, a touché simultanément plusieurs pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Togo et le Burkina Faso. Selon la direction, l’attaque a exploité une vulnérabilité au niveau de l’interface de trésorerie inter-pays, entraînant des perturbations dans les flux financiers.
Une gestion de crise axée sur la coopération et la continuité
Face à la situation, CinetPay affirme avoir rapidement alerté les autorités compétentes et engagé une coopération avec les services judiciaires. En parallèle, les équipes techniques ont été mobilisées pour contenir l’incident et sécuriser les opérations. Aujourd’hui, l’entreprise indique que ses activités se poursuivent dans l’ensemble de ses marchés, avec une base de clients toujours active et en croissance.
Dans son droit de réponse que nous avons reçu, la Direction met en avant une série de mesures destinées à renforcer la sécurité de la plateforme. Celles-ci incluent notamment la segmentation des environnements de trésorerie par pays, la mise en place de systèmes de détection de fraude en temps réel et la réalisation d’audits de sécurité par des cabinets indépendants
Le budget consacré à la cybersécurité aurait également été revu à la hausse, avec le recrutement de nouveaux experts spécialisés.
Concernant les fonds des marchands, CinetPay indique que les mécanismes de cantonnement ont été renforcés afin de garantir leur protection, conformément aux exigences réglementaires.
Un impact financier reconnu
L’entreprise reconnaît que l’incident a entraîné des retards dans les reversements à certains partenaires marchands. Un plan de remboursement a été mis en place, et la majorité des partenaires concernés aurait déjà été remboursée.
Le processus se poursuit pour les cas restants, avec un suivi présenté comme rigoureux.
Sénégal et DPay : clarification sur les accusations
Face aux accusations publiques de DPay Limited, Daniel Dindji apporte une réponse mesurée et factuelle. Il rappelle qu’un cadre juridique encadre ce dossier. Bien que CinetPay ait été en mesure d’engager le remboursement des montants concernés, l’entreprise a été sollicitée par la justice ivoirienne dans le cadre d’une enquête en cours visant DPay.
En conséquence, le processus de remboursement a été suspendu et toute collaboration avec cette entité interrompue, dans l’attente des décisions judiciaires. CinetPay coopère pleinement avec les autorités compétentes et reste dans l’attente des conclusions des procédures en cours. L’épisode survenu au Sénégal illustre cette rigueur.
À la suite du détournement des services par un marchand, CinetPay a réagi sous 72 heures : résiliation du contrat, dépôt de plainte et gel des fonds, immédiatement mis à la disposition des autorités. Une réactivité qui reflète une approche responsable, orientée vers la protection de l’écosystème et le respect des règles.
Une stratégie orientée vers la continuité
Malgré cet épisode, CinetPay affirme poursuivre son développement, avec le lancement prévu de nouveaux produits et le maintien de ses opérations dans ses différents marchés.
Pour son Directeur Général, la priorité reste désormais la consolidation de la confiance avec les partenaires et les utilisateurs.
« Nous demandons à être jugés sur nos actes », conclut Daniel Dindji.
Dans un secteur fintech en pleine structuration, cet épisode illustre les enjeux liés à la gestion des risques et à la transparence, dans un environnement où la confiance reste un facteur déterminant.

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