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Abasi Ene-Obong, le fondateur de 54gene poursuit ses investisseurs après la fermeture

2025-08-04  La Rédaction 1,365 views

Dans une affaire qui secoue la tech africaine, Dr Abasi Ene-Obong, fondateur de la startup nigériane 54gene, a pris une décision radicale : attaquer en justice les investisseurs qui avaient autrefois soutenu son entreprise. Le scientifique, devenu entrepreneur visionnaire, accuse aujourd’hui Cathay, AfricInvest, Innovation Fund et Adjuvant Capital d’avoir précipité la chute de 54gene, entreprise autrefois valorisée à 170 millions de dollars.

Pour Ene-Obong, 54gene n’était pas une simple entreprise : c’était une mission pour l’Afrique. Dès sa création, la startup a voulu combler un vide immense : l’absence de données génétiques africaines dans la recherche mondiale. En moins de cinq ans, elle est parvenue à bâtir la plus grande biobanque du continent, tout en jouant un rôle déterminant dans la riposte sanitaire face à la COVID-19 au Nigeria.

Mais derrière les levées de fonds spectaculaires (plus de 45 millions de dollars), les tensions s’accumulent. En 2022, Ene-Obong prévient : lever 100 millions en série C est irréaliste. Les investisseurs insistent. Résultat : le tour échoue, les ressources s’amenuisent, et le fondateur est poussé à la démission. Il affirme aujourd’hui que ses propositions pour sauver la startup, dont une offre de rachat de 3 millions de dollars, ont été écartées sous la pression.

Des accusations explosives

Dans sa plainte déposée en juillet 2025 devant la Haute Cour fédérale de Lagos, Ene-Obong accuse ses anciens alliés d’avoir :

  • Rejeté un plan de sauvetage soutenu par plusieurs investisseurs ;
  • Menacé de répandre de fausses rumeurs de fraude ;
  • Bloqué une levée de fonds de 80 millions de dollars qu’il aurait réussi à sécuriser ;
  • Tenté de liquider les actifs clés de l’entreprise, dont des données biomédicales de 100 000 Nigérians, sans contrôle éthique suffisant.

Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent, mais d’un manquement à la responsabilité morale vis-à-vis des populations africaines et de leur patrimoine génétique.

« Ce combat dépasse ma personne »

Plus qu’un règlement de compte, Ene-Obong présente ce procès comme une bataille pour protéger l’intégrité de l’innovation africaine. Il refuse que 54gene, qu’il a bâti pour faire progresser la recherche médicale africaine, se transforme en une simple ligne d’actifs à vendre.

Aujourd’hui, la justice nigériane a suspendu la liquidation. Mais au-delà du tribunal, cette affaire soulève une question brûlante : jusqu’où les fondateurs africains peuvent-ils conserver le contrôle de leur vision dans un environnement dominé par des investisseurs souvent étrangers et puissants ?


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