Réunis le 25 mars au Sofitel Hôtel Ivoire à l’occasion du KNext Abidjan 2026, experts en cybersécurité, décideurs publics et acteurs du numérique ont été confrontés à un constat qui dépasse la simple augmentation des attaques. Derrière les chiffres, c’est une transformation profonde des modes opératoires qui se dessine.
Selon les données présentées par Kaspersky, les logiciels espions ont progressé de 40 % sur le continent entre 2024 et 2025, tandis que les outils de vol de données enregistrent une hausse de 32 %. Ces évolutions traduisent moins une intensification qu’un déplacement des stratégies, désormais orientées vers des attaques discrètes, ciblées et durables.
Une évolution vers des attaques plus furtives et structurées
En effet, les cybercriminels ne privilégient plus les actions visibles destinées à perturber les systèmes, mais optent pour des intrusions silencieuses, fondées sur l’exploitation d’identifiants compromis et de vulnérabilités techniques non corrigées. Une fois l’accès obtenu, l’objectif n’est plus immédiat. Il s’agit d’observer les flux, de collecter des données sensibles et de maintenir une présence prolongée dans les systèmes.
Cette tendance est corroborée par l’augmentation des backdoors, ces accès dissimulés permettant aux attaquants de conserver un point d’entrée durable. Elle marque une évolution vers une cybercriminalité plus stratégique, qui privilégie la persistance à l’impact immédiat.
La donnée au cœur des nouveaux risques
Dans ce contexte, la nature même du risque cyber évolue. Les attaques ne visent plus uniquement les infrastructures, mais s’orientent vers les données et les accès qui permettent de les exploiter. Les identifiants, les systèmes d’authentification et les connexions distantes deviennent ainsi des points critiques.
Comme l’a souligné Tim de Groot, General Manager chez Kaspersky, les vulnérabilités techniques et les identifiants compromis constituent aujourd’hui les principaux vecteurs d’intrusion. Cette réalité impose aux organisations de repenser leurs priorités en matière de sécurité.
Une exposition accrue liée à la digitalisation
Par ailleurs, cette montée en puissance des menaces s’inscrit dans un contexte de digitalisation accélérée. Les services financiers, les administrations et les entreprises multiplient les plateformes numériques, élargissant mécaniquement leur surface d’exposition. Cependant, cette transformation ne s’accompagne pas toujours d’un renforcement proportionnel des dispositifs de sécurité. De nombreuses organisations restent vulnérables face à des attaques qui exploitent des failles simples, mais persistantes.
Face à ces mutations, la cybersécurité ne peut plus être considérée comme une fonction technique isolée. Elle s’impose désormais comme un enjeu stratégique, directement lié à la continuité des activités et à la confiance des utilisateurs.
La capacité à détecter des comportements anormaux, à sécuriser les accès et à réagir rapidement devient déterminante. Il ne s’agit plus seulement de protéger, mais d’anticiper et de surveiller en permanence.
Une menace moins visible, mais plus profonde
Ainsi, ce que révèle KNext Abidjan 2026, c'est non seulement une hausse des cybermenaces, mais également une transformation de leur nature. Les attaques deviennent moins visibles, mais plus structurantes dans leurs impacts.
Dans ce contexte, la question n’est plus uniquement de savoir si une organisation sera ciblée, mais plutôt à quel moment elle détectera une intrusion déjà en cours.

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